La préparation du camping et les retrouvailles entre volontaires
Avant même l’arrivée des premier.ère.s campeur.euse.s, une petite équipe technique avait déjà retroussé ses manches. Pendant plusieurs jours, les barrières Eras et Nadar ont trouvé leur place, les espaces se sont dessinés, la Chill Zone a pris forme et le quartier général d’Asmae s’est doucement installé. Tables, bancs, tonnelles, bambous et décoration : il fallait créer un lieu accueillant où les volontaires pourraient souffler entre deux shifts. Même notre Charte du volontariat y avait trouvé sa place, histoire de rappeler que convivialité et bienveillance font aussi partie du matériel indispensable.
Le jeudi soir, le camping a pris une toute autre allure. Les volontaires sont arrivé.e.s petit à petit, les tentes ont fleuri un peu partout et les retrouvailles ont commencé. Après les traditionnels briefings par équipe — fouille, bars, petit-déjeuner, grill zone ou équipe tournante — place au barbecue de bienvenue. Une première soirée pour apprendre les prénoms des nouvelles recrues, retrouver les habitué.e.s… et tenter de retenir qui dort dans quelle tente. Exercice plus compliqué qu’il n’y paraît.
Puis la chaleur a décidé d’écrire elle-même une partie du programme.
La canicule a contraint l’organisation du festival à ouvrir le camping deux heures plus tôt que prévu. En quelques heures, il a fallu revoir l’ensemble des horaires et réorganiser les équipes. Un véritable casse-tête… brillamment relevé grâce à la réactivité des volontaires.
Très vite, un nouveau poste s’est même imposé comme une évidence : circuler dans les allées pour vérifier que chacun.e supportait la chaleur, distribuer de l’eau, rafraîchir les campeur.euse.s à l’aide de brumisateurs et prévenir la Croix-Rouge si cela cela s’avérait nécessaire. Une mission improvisée, mais particulièrement appréciée.
Pendant ce temps, la vie du camping battait son plein.
Les équipes se relayaient entre les différents postes : contrôle des entrées, bars, grill zone, petits-déjeuners, entretien du site… Pendant que certain.e.s servaient cafés ou hamburgers, d’autres veillaient à la propreté du camping ou sensibilisaient les festivalier.ère.s au tri des déchets en distribuant des sacs-poubelle. Une multitude de petites missions souvent discrètes, mais essentielles au bon fonctionnement du festival.
Juste en face de la Chill Zone, notre atelier de sérigraphie Art is Show n’a, lui non plus, pas eu le temps de souffler. Les files se sont succédé tout au long du week-end et les visuels emblématiques du collectif ont, une fois encore, rencontré un franc succès. Les campeur.euse.s sont reparti.e.s avec un souvenir personnalisé… et parfois même avec un peu de peinture sur les doigts.
Le camping a également vibré grâce aux animations imaginées par le collectif OFA : DJ sets, réveils sportifs, ateliers crochet, coiffure, tresses ou encore micro-trottoirs sont venus rythmer les journées et créer de belles occasions de rencontres.
Puis est arrivée la tempête.
À l’annonce d’une tempête, le festival a dû prendre une décision exceptionnelle : évacuer entièrement le camping. En quelques heures, les centaines de campeur.euse.s ont plié bagage et rejoint les Palais du Heysel, où un sound system improvisé est venu adoucir un peu cette parenthèse inattendue.
Le lendemain matin, tout le monde est revenu… pour remonter sa tente. Oui, exactement. Une deuxième fois.
Finalement, cette étrange parenthèse restera sans doute comme l’un des souvenirs les plus marquants de cette édition. Entre résilience, bonne humeur et solidarité, les campeur.euse.s comme les volontaires ont fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation. Après tout, remonter sa tente deux fois dans un même week-end, ce n’est pas donné à tout le monde.
Et c’est déjà la fin.
Le lundi matin, pendant que les festivalier.ère.s reprenaient doucement le chemin du retour, les volontaires d’Asmae entamaient déjà une nouvelle mission : rendre au camping son visage d’origine.
Zone après zone, les équipes ont ratissé le terrain avec une efficacité devenue presque légendaire. Notre réputation nous précède : quitter un site plus propre qu’à notre arrivée est devenu une véritable marque de fabrique. Les sacs-poubelle ont défilé jusqu’au camion, parfois lancés avec une étonnante précision — certain.e.s ont même parlé d’une nouvelle discipline olympique.
Le mardi, place au démontage des infrastructures, au rangement du matériel et aux derniers coups de balai. Les barrières ont disparu, les tonnelles ont retrouvé leur remorque et le quartier général d’Asmae s’est doucement effacé… jusqu’à l’année prochaine.
Malgré la chaleur, malgré la tempête, malgré les imprévus, une chose n’a jamais changé : l’énergie des volontaires.
Toutes celles et ceux qui ont participé à cette édition repartent avec des souvenirs plein la tête, de nouvelles rencontres et, sans doute, quelques anecdotes qu’ils raconteront encore longtemps. Parce qu’au fond, c’est aussi ça, l’esprit Couleur Café version Asmae : savoir transformer les imprévus en aventures collectives.




