En février 2026, Asmae s’est rendue au Togo pour une visite de partenariat auprès d’Alafia Jeunes, à Lomé et à Kougnohou. L’objectif était de consolider les acquis, identifier les priorités et construire ensemble les prochaines étapes du développement des projets pour renforcer notre partenariat.
Au cœur des échanges : l’évolution stratégique du partenariat, le développement des activités à Lomé, la structuration du centre de Kougnohou, la dynamique agricole et l’organisation budgétaire pour 2026-2027.
Un appui aux activités à Lomé
Depuis 2018, Asmae a principalement soutenu le développement des infrastructures du centre Jeunes à Kougnohou.
Le centre dispose désormais de bâtiments fonctionnels qui permettent d’accueillir les projets de rencontre interculturelle dans de bonnes conditions, et de fournir un espace de formations professionnelles, en partenariat avec la représentation de la Chambre des Métiers de la région.
Dans ce contexte, une réflexion stratégique s’est imposée : comment faire évoluer le partenariat ? Comment renforcer également les activités développées par Alafia Jeunes à Lomé, en cohérence avec nos orientations et stratégies en matière de développement des compétences, de sensibilisation et de mobilisation citoyenne ?
La visite de février 2026 a marqué un tournant dans cette réflexion. L’objectif n’est évidemment pas de diminuer l’appuie au centre de Kougnohou, mais d’équilibrer progressivement le soutien d’Asmae, afin d’accompagner aussi la dynamique portée par les jeunes à Lomé.
Faire de la communication digitale un levier d’impact
À Lomé, Alafia Jeunes mène de nombreuses activités en lien avec la jeunesse et les thématiques citoyennes. Pourtant, ces actions restent encore trop peu visibles sur les réseaux sociaux. L’un des constats majeurs de la visite concerne donc la nécessité de structurer et professionnaliser la communication digitale.
L’association souhaite développer des contenus à fort impact : podcasts, vidéos de sensibilisation, capsules thématiques. Une première expérience menée en 2025 (avec un projet de rencontre interculturelle autour de la vidéo, du podcast et des réseaux sociaux avec le groupe BXYZ) a démontré le potentiel de ces outils, et surtout la volonté pour les jeunes d’Alafia Jeunes de renforcer davantage leur compétences par un accompagnement.
Deux axes prioritaires ont été identifiés :
- renforcer les compétences des jeunes via des ateliers de formation en communication digitale ;
- acquérir du matériel technique adapté (caméra, trépied et accessoires), les micros et l’enregistreur étant déjà disponibles.
Un budget de 1 500 euros est prévu en 2026 pour soutenir le développement des activités d’Alafia Jeunes à Lomé. Le projet sélectionné fera l’objet d’une validation collective par les volontaires de l’association.
Investir dans la communication digitale, c’est permettre aux jeunes de raconter leurs actions, de porter leurs messages et de devenir pleinement actrices et acteurs du changement.
Consolider et finaliser les infrastructures du centre de Kougnohou
Un centre en pleine évolution
Depuis 2018, Asmae soutient donc le développement des infrastructures du centre Jeunes à Kougnohou. La visite a permis de faire un état des lieux complet des bâtiments et aménagements existants : dortoirs, salle de formation, cuisine, latrines, espace de stockage et apatam (espace polyvalent ouvert sur les côtés mais protégé par un toit).
Sécuriser et structurer l’espace
Plusieurs priorités ont été dégagées pour 2026 et 2027
La clôture du centre devient nécessaire. Les habitations se rapprochent et la circulation traverse désormais le site. Sécuriser l’espace est indispensable pour garantir de bonnes conditions d’accueil. Ces aménagements devront être réalisés progressivement sur les années à venir.
Le forage constitue un enjeu stratégique majeur. L’accès à l’eau reste l’une des principales difficultés du centre. Actuellement, il y a deux manières d’amener l’eau Centre : via une pompe depuis la rivière grâce à un système solaire en location et via le remplissage des citerne par un camion spécialement affreté. La construction d’un forage permettrait d’alimenter durablement les infrastructures et de soutenir les prémisses du développement de l’agroécologie sur le site. Le budget estimé est de 10 000 euros, avec une perspective de réalisation en 2027.
Le renforcement des latrines est également prévu, afin de répondre à l’augmentation de la fréquentation du centre.
D’autres améliorations sont envisagées à plus long terme, notamment l’aménagement des chemins et la poursuite des travaux de finition sur certains bâtiments.
Faire évoluer les activités du centre
Former et accompagner les jeunes
Le centre de Kougnohou accueille actuellement des modules de formations professionnalissantes pour une vingtaine d’apprenties en couture et une dizaine, en coiffure
Les formations s’étendent sur deux à trois années et mènent à une certification officielle. Les formatrices reçoivent une indemnité mensuelle, et les apprenti·es participent symboliquement aux frais d’inscription.
Le défi principal reste la mobilité des jeunes. Dans la région, l’exode rural vers le Ghana ou le Nigeria est important. Offrir une formation qualifiante et ancrée localement représente donc un enjeu social fort.
Un travail est en cours pour formaliser davantage le dispositif, définir un nombre maximum d’apprenti·es accompagné·es par an et établir un budget clair et structuré.
Vers une dynamique en agroécologie
Le centre dispose d’1,5 hectare de terrain, un potentiel considérable pour le développement d’activités agricoles. L’ambition à long terme est claire : orienter progressivement le centre vers une formation également en agroécologie (similaire au projet de la ferme-école au Sénégal que nous menons avec notre partenaire AJE).
Deux jeunes ont récemment démarré une immersion pour structurer les espaces cultivables. La terre est fertile et les pratiques sans engrais chimiques obligatoire déjà dans la région, constituent une base solide.
Pour professionnaliser cette orientation, plusieurs étapes sont prévues :
- affiliation au réseau national des acteurs de l’agroécologie ;
- identification d’offres d’accompagnement spécialisées ;
- organisation d’une réunion stratégique pour définir les perspectives.
Même si les moyens budgétaires restent limités en 2026, la dynamique est lancée. L’objectif est de construire pas à pas un pôle de formation cohérent, durable et adapté aux réalités locales.
Planifier l’avenir : budgets 2026-2027
La visite a également permis de clarifier la situation financière et de planifier les budgets à venir.
Pour 2026, les grandes lignes comprennent :
- les frais d’organisation des rencontres interculturelles ;
- le soutien aux activités de formation à Kougnohou ;
- l’appui aux activités d’Alafia Jeunes à Lomé ;
- la finalisation de certains travaux d’infrastructure.
Pour 2027, les projections incluent notamment :
- l’organisation de deux rencontres interculturelles ;
- la poursuite des activités de formation ;
- la construction du forage ;
- l’avancement de la clôture et des infrastructures sanitaires.
La gestion budgétaire fait l’objet d’un suivi rigoureux entre Asmae et l’ONG Alafia, afin d’assurer transparence et cohérence dans le développement des projets.
Un partenariat qui se renforce
Au-delà des chiffres et des infrastructures, cette visite confirme la solidité du partenariat entre Asmae et Alafia Jeunes. Les échanges ont permis :
- de poser un diagnostic partagé ;
- d’identifier des priorités claires ;
- de planifier des actions concrètes ;
- de consolider notre partenariat sur le long terme.
Le développement de la communication digitale à Lomé, la structuration du centre de Kougnohou et l’orientation vers l’agroécologie traduisent une même volonté : offrir aux jeunes des espaces d’engagement, de rencontre et de formation.
Ce partenariat continue d’évoluer, avec une ambition commune : construire des projets durables, ancrés localement et portés par les jeunes elles-mêmes et eux-mêmes.





