Les bonnes nouvelles des partenaires

Ce sera en un seul article que nous partagerons avec vous les bonnes nouvelles du Sud. En effet, nous avons des nouvelles d’Egypte, du Sénégal et… du Maroc. Ces nouvelles sont très souvent aussi l’aboutissement de multiples rencontres et surtout le résultat de la volonté de chacun des partenaires d’aller plus loin dans le domaine du développement et des échanges de jeunes.


Commençons donc par Asmae Egypte-Lekaa. Nous en avons déjà parlé dans des précédents numéros. Mais la nouvelle est tombée le 26 février 2005, Asmae Egypte-Lekaa est reconnue officiellement par le ministre des Affaires sociales. C’est avec joie que nous avons appris cette nouvelle parce qu’elle est le résultat d’un long cheminement qui a réellement commencé lorsque le dernier coopérant-ong a quitté les terres égyptiennes en juin 1998. Il n’est pas si loin non plus le temps où Souzy Fouad a fait ses premiers pas dans Asmae en Egypte. C’était le temps d’Isabelle Manhaeghe qui a précédé Christophe Vivario. Elle avait engagé Souzy Fouad, qui était déjà bénévole dans Asmae depuis un an et demi au service des réfugiés soudanais. Fraîchement engagée, elle a d’ailleurs été plongée dans le vif du sujet puisqu’elle a accueilli, avec Isabelle, René Sibomana qui arrivait du Rwanda et qui a parlé pour la première fois de la Recherche action participative. Elle a ainsi assisté à la première rencontre Sud-Sud soutenue par Asmae. Ainsi pour Souzy Fouad, la reconnaissance officielle d’Asmae Egypte est aussi le résultat de 11 années de travail au sein d’asmae Egypte-Lekaa et j’ose imaginer sa joie quand elle a reçu l’avis de reconnaissance.

En juillet 1998, Asmae Egypte volait de ses propres ailes avec à son bord Souzy Fouad qui a été rejointe quelques mois auparavant par Mariamme Assaad et George Nabil. Pour rétablir la parité des sexes, Roger Raouf a été engagé en 2004 comme quatrième permanent de l’association.

Qu’Asmae Egypte-Lekaa soit officielle est une bonne chose. Ce fut le désir de la Belgique d’arriver à cela un jour. L’idée n’est évidemment pas d’abandonner cette association mais bien de la rendre indépendante.  C’est pour cette raison aussi qu’Asmae Belgique a poussé les Egyptiens à demander à d’autres organisations des appuis directs. Ainsi en 2004, ils ont reçu le soutien des Amis de Sœur Emmanuelle (Belgique) et de l’association Partage (France) en plus de celui d’Asmae Belgique. Il est important à nos yeux qu’Asmae Egypte-Lekaa soit indépendante financièrement aussi de la Belgique. Imaginons le pire comme une rupture des relations entre la Belgique et l’Egypte, il faut que ces derniers puissent continuer à travailler dans le cadre des objectifs qu’ils se sont fixés. Donc la diversification de leurs sources financières est très importante pour leur avenir. Une étape ultérieure sera aussi de trouver les moyens d’un autofinancement pour ne pas dépendre uniquement de l’étranger.

Si en 1994, Souzy Fouad a assisté au premier échange Sud-Sud, elle assistera, du 1er au 10 avril à une des rencontres ou immersions que nous avons encourageé depuis ces 11 dernières années. En effet, nous organisons la deuxième rencontre des partenaires qui se déroulera au Sénégal, à Toubacouta.
Le but de cette rencontre est de renforcer les liens de partenariat qui nous unissent tous au travers de la réflexion sur trois thèmes :

1) Validation de l’évaluation sur l’impact des chantiers chez les jeunes.
2) Réflexion sur les valeurs partagées par les bénévoles.
3) Comment améliorer les relations de partenariat entre les trois associations.

Validation de l’évaluation sur l’impact des chantiers chez les jeunes

Une évaluation externe commandée par Asmae Belgique, réalisée par l’asbl Iteco, est finalisée. Il s’agit de mesurer de manière objective les impacts de ce programme de sensibilisation qu’Asmae et ses partenaires font évoluer depuis 23 ans. Comme Asmae Belgique a la plus grande expérience en termes de chantiers permettant à des jeunes de se rencontrer, il était temps de faire une évaluation de cette pratique qui s’est généralisée dans plusieurs autres associations. Ainsi, les cadres professionnels de l’association, les anciens et actuels responsables et membres des équipes Formation ont été interrogés tandis qu’un questionnaire a été envoyé à près de 600 jeunes qui sont partis avec Asmae en Egypte, au Rwanda, au Kenya, au Sénégal, en Roumanie et à Djibouti. Les résultats de cette évaluation seront connus, fin mars 2005.

Parallèlement, une évaluation de l’impact des chantiers sur les jeunes Sénégalais et Egyptiens a été menée respectivement dans les deux pays. Le but est que le Sud apporte aussi sa pierre dans cette question d’impact des chantiers sur les jeunes puisqu’un des moyens d’asmae est de baser l’éducation aux développements sur des chantiers d’échange et de rencontre avec des jeunes locaux.

Les trois évaluations seront partagées par les trois associations dans cette rencontre de Toubacouta en ayant aussi comme objectifsde suppléer aux manques, révélés par les évaluations, en tentant d’apporter des améliorations.
Un document commun aux trois associations sera ensuite rédigé avec des recommandations pour le futur. Ce document sera disponible après publication.

Réflexion sur les valeurs partagées par les bénévoles

Les trois associations travaillent avec des bénévoles avec parfois des caractéristiques propres selon le pays. Ce sont aussi des bénévoles Belges, Egyptiens et Sénégalais qui travaillent dans des chantiers. Quelles sont les valeurs partagées par les uns et les autres ? Elles sont probablement les mêmes avec des nuances. Les trois associations partagent la vision de l’engagement du bénévole après le chantier. Cet engagement citoyen se veut participatif. Comment le rendre plus participatif ? Comment les bénévoles peuvent-ils avoir un engagement plus citoyen, plus « militant » ? Il serait intéressant à mettre en chantier une charte du bénévole qu’il soit du Sud ou du Nord.

Cet atelier sera basé sur une rencontre entre les bénévoles sur base d’un mini-chantier ou d’une activité d’animation dans un lieu proche du lieu de rencontre.

Comment améliorer les relations de partenariat entre les trois associations.

Comme on le voit au premier point et dans le bref historique, les trois associations sont partenaires depuis un certain temps. Même s’il y a une collaboration et un partage des savoir-faire de plus en plus important, il n’en reste pas moins que les différences culturelles nous rattrapent à certains moments et des incompréhensions naissent entre les trois associations.

Par ailleurs, alors que les associations du Sud développent leurs actions en fonction des desideratas des populations locales en se basant sur la méthode «Recherche action participative», comment le Nord peut intégrer ce fait alors qu’il est confronté à des bailleurs de fonds demandant une stratégie à plus long terme qui ne laisse pas la place à la participation des populations locales. Soucouta, proche du lieu de rencontre, est le résultat de plusieurs démarches participatives et est l’exemple type d’un projet sans stratégie à long terme. Personne, ni au Sénégal (la population locale comme AJE), ni en Belgique, ne pouvait imaginer que lorsque la salle polyvalente qui a été construite en 2000, allait déboucher sur la construction d’un centre d’accueil et de formation pour associations sénégalaises. Ce troisième point sera partagé par les membres des conseils d’administration et les permanents des associations dans un atelier qui leur est propre.

La dernière rencontre de ce type remonte à mai 1999 où les partenaires étaient venus à Bruxelles pour des échanges dans le cadre des Etats généraux d’Asmae. A cette époque nous étions trois associations participantes. Cette année, il y aura un nouveau partenaire qui est l’Association Mouvement Twiza qui a son siège à Khemisset au Maroc. Fin février de cette année, le responsable de l’équipe Formation, Charles-Albert de Radzitzky et moi-même, avons réalisé un voyage de prospection au Maroc. L’idée de commencer un partenariat avec une association marocaine trottait dans nos têtes depuis quelques temps. En effet, la communauté marocaine de Belgique est forte de trois cent mille personnes. La cohabitation ne va pas toujours sans mal. Nous pensons qu’en termes de sensibilisation des jeunes Belges (qui peuvent aussi être d’origine marocaine), il est important de travailler les questions d’immigration avec les Marocains. D’autant que cette problématique intéresse aussi notre partenaire Action Jeunesse Environnement (AJE) qui voit des Sénégalais partir vers l’Eldorado européen via le Maroc et qui parfois échouent tristement dans les eaux bleues de la Mer Méditerranée et le détroit de Gibraltar.

L’association Mouvement Twiza travaille aussi cette question de l’immigration comme elle travaille sur les questions de développement de communautés en situation difficile dans trois régions du pays (Tanger, Khemisset et Agadir). Twiza est soucieuse de faire participer au mieux les populations à leur propre développement. Twiza est très intéressée par la méthode «Recherche action participative» dont nous faisons la promotion depuis plusieurs années en même temps que notre partenaire AJE.

Outre l’appui que nous pourrions apporter à Twiza en matière de méthode participative, cette dernière recherchait aussi une association qui soutient des projets de développement au travers des chantiers de rencontres entre jeunes Marocains et jeunes Belges. Partageant ce type de préoccupations sur des questions qui tiennent à cœur les deux associations, il a été donc envisagé l’organisation d’un premier chantier de développement en  2005 dans la région de Khemisset.

Nous pensons aussi que la meilleure manière pour nous découvrir mutuellement était d’inviter un représentant de Twiza à notre rencontre du Sénégal. Cette immersion lui permettra de plonger au cœur du partenariat que les trois associations Egyptienne, Rwando-sénégalaise et Belge vivent depuis onze ans.

Il est évident que nous vous tiendrons au courant de la rencontre importante du Sénégal qui sera certainement très riche en échange et en réflexion. Gageons qu’elle renforcera encore plus le partenariat entre les quatre associations.

Géry de Broqueville

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